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Le ministère au temps du Covid-19 – L’évêque Dhiloraj Canagasabey

Dans le monde entier, le Covid-19 place les chrétiens dans une situation nouvelle. Nous avons besoin des autres et les autres ont besoin de nous pour partager des idées, des encouragements, l’espoir. Notre série intitulée « Le ministère au temps du Covid-19 » consiste en des conversations avec un éventail de responsables vivant partout dans le monde. Ces responsables conversent sur la façon dont chacun et chacune gère la situation et comment Dieu intervient afin d’unir et de conforter l’Église en ce moment.

Pour accéder à cette conversation, consulter https://youtu.be/gnJVpY_n5OE

A quoi ressemble le ministère dans le contexte dans lequel vous vous trouvez actuellement ?

Chaque crise est un moment où Dieu aiguise notre spiritualité et cette expérience peut se révéler très douloureuse. Nous vivons actuellement des temps d’angoisse. Et nous croyons que le Seigneur siège sur son trône. Il contrôle totalement la situation, ce qui nous rapproche les un-e-s des autres et de Dieu.

Bien que nous soyons actuellement confiné-e-s, les magasins sont ouverts, les pharmacies et les supermarchés aussi.  Les personnes dans l’administration ou dans le secteur privé continuent de travailler. Mais d’autres ne peuvent pas quitter leur domicile. Quelques personnes ont bravé le couvre-feu et ont été arrêtées et leur voiture confisquée par la police, par exemple, pour avoir conduit sans autorisation après le couvre-feu.

Notre clergé est sur la brèche et nous faisons ce pour quoi nous avons été appelés. Nous livrons des milliers et des milliers de rations alimentaires déshydratées aux personnes dans le besoin. Nous faisons en sorte que des repas soient servis aux mendiants dans la rue. Nous recherchons celles et ceux qui ont besoin d’assistance médicale et nous leur apportons.

L’occasion nous est donnée de nous incarner au nom de Jésus et d’être sa présence vivante afin que toutes et tous sachent qui nous sommes et à qui nous appartenons.

L’Église anglicane de Ceylan a développé un cadre pour répondre à l’appel missionnaire, que nous avons appelé « les 6 repères de la mission » :

  • Annoncer : proclamer la bonne nouvelle.
  • Enseigner :            baptiser et soutenir les nouveaux croyants.
  • Soigner :                répondre aux besoins des personnes par un service généreux.
  • Transformer :        transformer les structures injustes de notre société, s’élever contre toutes les formes de violence et poursuivre la recherche de la paix et de la réconciliation.
  • Chérir :                  s’efforcer de sauvegarder l’intégrité de la création.
  • Transcender :        poursuivre la coexistence des religions par le dialogue inter-religieux.

Il existe 41 postes diaconaux dans notre diocèse et chacun y met en œuvre ces 6 repères. J’ai le sentiment que chacun de ces postes nous pousse à concrétiser le règne de Dieu. Le Covid-19 nous a forcé à contextualiser notre théologie et nos efforts diaconaux dans les projets missionnaires où nous intervenons.

Quelles relations ou partenariats se construisent entre dénominations ou groupes confessionnels ?

Par le biais du Conseil national chrétien du Sri Lanka (NCCSL), nous sommes en train de travailler avec d’autres dénominations en un regroupement organisé. Nous opérons aussi avec des personnes de confessions différentes en édifiant à partir de ce qui était au départ notre travail intra-dénominationel. Et, grâce au Congrès des religions, nous travaillons aussi avec les personnes d’autres religions. Nous le faisons depuis longtemps et en ce moment, à cause de la pandémie du Covid-19, notre action conjointe est devenue encore plus importante.

Nous devons travailler ensemble. Nous ne pouvons pas agir seul-e-s.

Quelles leçons avez-vous apprises sur la foi et vos fidèles, qui perdureront au-delà de la pandémie ?

Les gens ont commencé à comprendre ce que Dieu est en train de faire. Certaines personnes posent la question : « Mais où donc est Dieu dans tout ceci ? ». D’autres disent : « Non, Dieu est ici. Dieu est activement présent ». Et je partage personnellement ce point de vue. Le monde était lentement mais sûrement en train d’engloutir l’Église. Je sais que l’Église de Dieu ne peut pas être engloutie. L’Église de Dieu est suprême. Mais les gens avaient commencé à se conformer aux manières du monde. Les gens avaient chassé le Seigneur hors de leur vie, convaincus de pouvoir tout gérer eux-mêmes et grâce à leur propre efficacité. Le Seigneur avait été chassé hors de leur famille, hors de leur Église, de leur communauté, de leurs industries et de leurs écoles.

La perturbation crée par le Covid-19 signifie que chacune et chacun doit plier le genou en signe de repentance totale. Nous vivons un temps de renouveau, un temps pour être revivifié-e-s. Nous pouvons écouter ce que le Seigneur a à nous demander et nous y préparer. Dieu peut transformer ce que nous vivons en quelque chose de beau et d’enivrant, quelque chose qui nous bénira.

Chaque moment de crise est une fenêtre que Dieu ouvre avec un message précis. Mon souhait est bien que nous écoutions ce message aujourd’hui.

Comment êtes-vous en train de réfléchir au ministère d’après la pandémie ?

J’estime que cette pandémie ne peut être totalement éradiquée mais elle peut être gérée. Nos ministères et nos missions dépendent souvent de rencontres et de relations. Nous sommes donc appelé-e-s à découvrir de nouvelles manières de mettre en œuvre les mêmes efforts que nous déployons depuis un certain temps. Une fois la situation totalement gérée, nous espérons pouvoir rétablir toutes nos activités.